Le chat-pitre-3, ou les préparatifs d’un voyage

                Bonjour à vous, fidèles lecteurs, éternels voyageurs de la toile, du temps et de l’espace ! Suite à l’étonnant engouement qu’a suscité le dernier post, j’ai longuement hésité sur la teneur de ce nouvel article. Vous aviez envie, je le pressens, de discuter papier toilette et tissu molletonné à travers les époques et le globe, et de savoir depuis fichtre quand est-il en libre circulation dans nos foyers, pour le plus grand plaisir de notre délicat séant.. Mais depuis quand écoute-t-on le peuple ? En plus, si vous saviez à quoi servaient vos chemises au Moyen-âge, vous ne poursuivriez pas plus loin la lecture…

                Ainsi, à la place, je préfère vous embarquer sur un sujet plus poétique, plus enlevé, plus… pragmatique : les préparatifs d’un voyage au long cours ! Yeah, jingle ! Car c’est exaltant bien sûr de s’envoler à l’autre bout de la planète, mais derrière l’enivrement des jours lointains, que se passe-t-il concrètement dans la tête du futur roadtripeur ?

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     telechargement-2 Quand on entame un nouvel apprentissage, et qu’on ne possède ni le génie de Mozart, ni la lumière de Thomas Edison (ni mon talent pour les jeux de mots douteux), on repart à zéro sur l’axe des  abscisses et on apprend peu à peu de ses anciens d’abord, de ses expériences ensuite, de ses erreurs surtout. Porter en effet une banane en plein centre-ville de Cairns ne pouvait certes pas être excusé en 2009 mais pouvait être expliqué par l’ignorance heureuse et l’enthousiasme juvénile que procurait notre premier départ en road trip en Australie. J’avais même osé à cette époque effroyable -comble de la joie béate!- porter l’infâme chapeau de cow-boy en paille qui informe à trois miles à la ronde que vous êtes une touriste. Mais, par pitié, ne nous jetez pas la pierre, tout le monde n’a pas la prétention de s’appeler Amadeus.

   cc Pour ce premier voyage austral, on avait sorti l’artillerie lourde : on avait comparé tous les Guides du routard et Lonely planet pour finalement sélectionner le plus nul (le Petit Futé); on avait écumé tous les blogs de voyageurs pour savoir ce qui nous attendait du côté des kangourous (à part des kangourous); on avait passé des heures à rêver des kilomètres que l’on avalerait, de l’itinéraire que l’on emprunterait(et que la réalité dépasserait); on avait passé des nuits blanches à flipper de ce démesuré pays où toutes les espèces animales les plus dangereuses sont réunies (même d’un émeu, il faut se méfier); on avait du coup investi dans une belle trousse de pharmacie avec betadine, suppositoires, bandelettes de gaze, la base tutti quantique du voyageur. Ne me demandez pas ce qu’on aurait fait face à un crocodile des mers avec notre crème anti-moustiques ! Et je ne parle pas du sac ! Le sac, cette angoisse permanente qui fait perler sur votre front des gouttes de sueur et qui vous hante des semaines avant le départ !

ffEt ces questions qui vous taraudent et qui vous minent : Je-prends-ce-short-ou-l’autre?-Ou-j’en-prends-qu’un-parce-qu’en-fait-celui-là-il-est-troué-au-niveau-des-poches?-Mais-en-vrai-j’aime-pas-trop-les-shorts-je-vais-finalement-prendre-que-des-robes!Tu-crois-que-je-prends-laquelle?-Non-pas-celle-là-elle-me-fait-des-petits-seins-et-ne-me-dis surtout-pas-que-c’est-parce-que-j’ai-des-petits-seins!!!! Et vous répétez la même litanie pour toutes les catégories de vêtements, du tricot de peau à la culotte à pois qui se décline en 50 nuances d’ennui. J’exagère bien sûr… plus personne ne porte de tricot de peau de nos jours ! Le sac, la torture par excellence quand on s’élance pour plusieurs mois : il nous force à faire des choix stratégiques dans une garde-robe toujours trop chargée sans froisser ces pauvres vêtements laissés sur le carreau, au fond d’un vieux placard, victimes de leur extravagance, tandis que le pantalon déperlant se fait la malle sous les cocotiers. Il faut trouver un équilibre entre des affaires pas trop chaudes « mais un peu quand même » pour les soirées de brise légère, des chaussures pratiques et sportives mais qui ne se font pas refouler à l’entrée d’endroits huppés et des t-shirts qui peuvent supporter trois jours d’activité sans porter non plus le slogan « à fond la forme » derrière. Au final, on ne va jamais de nous-mêmes dans ces endroits huppés (faute de budget) et la moitié des affaires se retrouvent abandonnées en route dans une auberge, pour les plus chanceuses d’entre elles, et, pour les moins bien considérées, remplacées par d’autres opportunistes dégotées à la va-vite dans un charity shop du coin, au moindre changement de saison.

                  vv Aujourd’hui, forts de notre expérience et de nos nombreux voyages effectués, le sac… reste toujours le même bordel sempiternel. Mais, on le prépare deux jours avant, ou la veille ! Ainsi, on peste au Pérou en retournant notre backpack contre les perfides voleurs qui ont dérobé notre sac de couchage tout neuf, pour se rendre compte au retour, qu’il n’avait jamais quitté l’armoire où on l’avait rangé à son achat… On ne suit plus trop les conseils d’autres voyageurs, on ne prépare plus non plus d’itinéraire puisque celui-ci peut changer du soir au matin et du matin au soir, on ne regarde plus le site du ministère qui t’intime en substance de rester chez toi bien cloîtrés parce que dehors, ça fait peur ! et on n’a plus qu’à prier sa sainteté de la santé s’il nous arrive malheur car à part Imossel Duo, notre trousse à pharmacie fait triste figure…

                         Ce que l’on ne perd pas au contraire au fil des voyages, et qui n’a de valeur égale, ce sont ces mêmes trépidations et trépignements à l’idée de découvrir une nouvelle aspérité de notre planète Terre… cette excitation d’enfant qui s’en va explorer son petit monde, cette joie ineffable de voir du pays et que je vous conterai certainement au prochain article sauf si je trouve plus à dire sur le papier hygiénique. Pour l’heure et pour conclure, je vous laisse avec cette magnifique citation de Jack Kerouac, parce que la découverte peut aussi passer par la lecture, et parce que, avouons-le, ça fait intelligente :)!

« Une fois de plus, nos valises cabossées s’empilaient sur le trottoir; on avait du chemin devant nous. Mais qu’importe: la route, c’est la vie.« (On the road, Jack Kerouac, 1957)

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