Le chat-pitre-23, ou, pas si bêtes les bébêtes

OH !!! Stupeur et vacillement, aujourd’hui, je me réveille sourire aux lèvres, je me prélasserais presque dans mon pyjama à carreaux marron, lorsque j’apprends qu’à l’instant même, il est déjà 1 heure de plus que ce que je crois dans mon écervelée tête. J’ai beau crier à l’arnaque, au crime, à la botanique, l’heure s’est bel et bien envolée, disparue, volatilisée. Pouf ! C’est en effet le fameux moment de l’année où l’on change d’heure en se posant toujours  ze éternelle question : attends, ça veut dire que quand il est 7h demain, il est 8h, ou il est 6h? Attends, attends, s’il est 6h mais qu’il était 7h, et que la racine carrée de l’hypoténuse équivaut à la tangente du coefficient de l’abscisse mais que lSDN 235e logarithme népérien… Ouille, le précieux baccalauréat semble lointain. Toujours est-il qu’avec tous ces questionnements qui en fait dénotent la vraie source d’inquiétude, à savoir si l’on dort plus ou si l’on dort moins, comme l’avait démontré l’émérite docteur en senseologie de l’homme humain, Gad Emaleh, j’ai une heure de rédaction à rattraper pour vous aujourd’hui car ce dimanche, nous allons comme promis nous plonger dans l’antre secrète et sécrétée des bébêtes…

SDN 23Eh oui, parce que, s’il y a des rencontres superbes qu’on ne regrettera jamais, il y en a d’autres qu’on aurait peut-être voulu éviter de croiser sur notre route. A commencer par les moustiques. C’est simple, dans quasi tous les pays que nous avons visités, entre la dengue, le palu, la fièvre jaune, le chikungunya ou l’encéphalite japonaise (qui n’est cantonnée, si je puis me permettre, au seul Japon) on a de quoi faire. Alors, il y a quelques rudimentaires précautions à prendre bien sûr, on peut faire cramer des bougies ou des spirales, éviter l’Amazonie, manger du piment cru, ne pas sortir de chez soi, ou mettre des hauts manches longues moches quand il fait + 30 degrés à l’horizon. Mais quand on est têtus et qu’on veut quand même se balader, surtout la nuit, y a pas le choix, il faut se mettre de l’eau de parfum anti-moustiques Citronnelle n°5, sur tout le corps. Eh oui, amère réalité, vous vous pomponnez, vous sortez d’une douche -rare!-, et vous devez vous foutre du DEET partout sur les gambettes, ce qui assure la fin de toute entreprise moustiquaire, et de toute entreprise tout court, la citronnelle en effet, n’ayant jamais été réputée pour son pouvoir de séduction. Alors, quand par malheur, les plus tenaces parviennent à trouver le nano millimètre de peau non recouvert de produit, c’est la musette des claques garantie. Ainsi, un jour, je pus reconstituer sur mon dos une jolie carte des îles australiennes, un record de piqûres tenu quelques années mais battu récemment par mon compagnon surfeur au Mexique, qui en l’espace d’une marche d’une dizaine de minutes (à travers la jungle certes) s’était retrouvé avec une trentaine de jolies marques d’affection de la part de ces mousticos à la con. Oui, je suis désolée,je m’emporte, mais faudra quand même qu’on m’explique un jour à quoi ils servent dans l’écosystème, à part nous emmerder importuner en voyage et nourrir les araignées.

Parlons-en des araignées justement !!! Voyez-vous, ayant grandi avec une forteOLYMPUS DIGITAL CAMERA arachnophobie exacerbée par les blagues de mon cher frère qui s’amusait à me les balancer dessus (ou prétendre de le faire, ce qui revient au même, niveau de stress parlant) et par notre environnement où ces coquines s’amusaient à se nicher dans de nombreux recoins de la maison ou bien tissaient de gigantesques toiles dans les buissons du potager où comme, une imbécile galinette, je filais me cacher, j’essaie de travailler dessus depuis quelques années. Non pas par pure sagesse et respect de l’harmonie de notre biotope, juste parce qu’un jour, découvrant une araignée sur ma jupe, je me suis retrouvée à courir comme une dératée en culotte sur la route de mon petit village. Le ridicule ne tue pas certes, mais transposons ça de mon hameau à une grande métropole, ma dignité en prendrait un sacré coup. Mais au diable ces nostalgiques instants de tendre enfance, je vous disais donc que j’essayais d’établir un nouveau seuil de tolérance et de cohabitation avec la gente arachnéenne. C’est pourquoi lorsque nous avions atterri à Port Barton, aux Philippines, dans une cabane, et que nous avions découvert qu’une charmante et immense araignée logeait sous l’évier de notre salle de bains, je pris sur moi et restai stoïque quant à cette nouvelle colocation. Je prenais simplement soin de garder la main sur la porte, au cas où qu’elle décide de bouger une patte, et je ne faisais pas mes sudokus habituels, une manière allégorique de dire que je me magnais la croupe à l’instant T ! Mais, le pire, dans tout ça, c’est que mon cher compagne avait « omis » de me dire, pour me préserver -prétexta-t-il pour sa défense- de l’attaque cardiaque, qu’elles n’étaient pas seules, mais deux, sous le lavabo ! Un fait que je découvris, un soir où il n’y avait plus d’électricité, lorsque, à la lueur de la torche, j’éclairai comSDN 234me à chacune de mes entrées dans le lieu sacré, le lavabo pour repérer la petite, et que je vis HUIT paires d’yeux me fixer !!!! Je ne me rappelle plus si je hurlai, pris mes jambes à mon cou, finis tout de même ma petite affaire ou fis tomber la lanterne dans la cuvette… Par contre, je me souviens du savon passé à mon tourtereau à la sortie de cette aventure fort boyesque, qui, bien sûr, loin de l’attendrir, l’avait fait hautement marrer.

SDN 232Par contre, il en était moins rigolard le ziozio lorsqu’on s’est retrouvés littéralement à cinq mètres d’un crocodile des mers ou d’un alligator ! ‘toute façon, c’est caiman la même chose et surtout, si l’on en croit les connaisseurs en la matière, qu’est-ce qu’il foutait là dans ce parc du Tayrona, en Colombie !?? Nous marchions si légèrement, le vent fouettant nos visages brûlés par le soleil, la tête voguant à d’innombrables pensées, les langues déliées à évoquer nos futurs projets lorsqu’un homme suspendu à son téléphone derrière nous se met à nous interpeller à grands cris et gestes : on ne sait ni ce qu’il raconte, ni s’il adresse à nous, lorsque l’on voit à quelques pas de nous, la cause du tumulte : un crocodile la gueule béante, se dorant la pilule sur les berges d’une rivière… Mais tout ceci n’est que bagatelle et coquecigrue en comparaison à ce qui nous arriva au Yellowstone, aux Etas-Unis !

Un beau jour de randonnée, fort bien accompagnés d’un couple d’Israéliens rencontrés quelques jours auparavant, nous reprenions la marche du retour, les hommes devant et nous derrière, à une trentaine de mètres, parlant bouddhisme et problèmes capillaires, les deux n’étant pas incompatibles. Soudain, les coquins se retournent et nous font d’immenses signes. Oui, oui, on est là, ne vous inquiétez pas, on vous voit, a-t-on envie de sourire, sachant que ça fait bien trente minutes que l’on se balade, et qu’ils ont complètement zappé qu’ils avaient des copines avec eux qui devisent de sujets autrement philosophiques et qui portent en plus les barres de céréales dans leur sac. Mais mon acolyte semble perturbé. Il n’en a pas après nos goûters. Il porte sa main horrifiée à notre… bear spray ! Je commence à comprendre, je ne vois pas des fanfares et des barrières, mais un magnifique ours noir qui dévale la pente derrière nous ! Paniquée, j’ai l’envie de courir. Mais je me rappelle très bien les flyers de prévention en cas de rencontre fortuite avec un nounours… Si c’est un ours noir, et qu’il a l’air apeuré, il faut lui parler (si, si, véridique, racontez-lui l’histoire de Boucle d’Or). S’il a envie d’attaquer, il faut l’effrayer en se faisant plus grand. Dommage, quand on ne fait même pas 1m60. S’il attaque, il faut rendre la pareille. Mais quand il court ??? J’agrippe le bras de mon amie, et lui glisse en français « il y a un ours, il y a un ours », ce que bien sûr, elle ne comprend pas, mais la légère accélération de moSDN 233n pas lui indique l’origine de cette mini vague de stress. Sous les yeux ébahis de nos compagnons, trompés par une superbe illusion d’optique, l’ours poursuit sa course, nous passant dans le dos, à quelques mètres seulement. Pour les guides de randos, je rajouterai donc comme conseil, pour survivre à un ours, absolument maîtriser la cadence-genre-je-marche-un-peu-plus-vite-sans-paniquer-même-si-j’ai-envie-de-me-taper-le-sprint-le-plus-rapide-de-ma-vie-qui-rendrait-même-Usain-Bolt-ridicule. L’art est de serrer les dents, et les fesses.

            Sur ces conseils avisés, je me dois de vous laisser, je n’ai plus le temps ni de vous raconter que faire en cas de face-à-face avec un grizzli, ni de vous décrire les serpents qui jaillissent de terre lorsqu’on se promène en forêt au Canada, ni les scorpions qui vous accueillent à l’entrée d’une chambre d’hôtes au Sri Lanka ou encore les singes qui vous sautent dessus car ils prennent votre porte-clés pour une banane à Bali… Mais il faut faire des choix d’ailleurs, aujourd’hui j’ai hésité avec les bébêtes ou la question du pyjama en voyage… Le débat aurait été des plus animés, nul doute : la nuisette a-t-elle sa place dans un backpack? Se tape-t-on la honte dans une auberge de jeunesse avec un pijus Mickey ? Peut-on encore porter un pyjama à carreaux en 2017 ? Que je vous rassure, mon pyjama est quand même plus sympa.

PS : si, quand même, un conseil pour les grizzlis, gratuit, parce que je suis sympa, évitez de les croiser, si vous avez vu The Revenant, ça vous en passera l’envie, même pour un Oscar.

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