Le chat-pitre 24, ou le baromètre du désir en voyage

            Mes chers trublions du réseau, en ce lendemain du 1er Avril, je ne pouvais guère passer à côté de cette traditionnelle tradition du poisson d’Avril, qui représente du pain bénit pour mon habitude dominicale ! Et au vu du level des jeux de mots dès l’intro, on va passer une belle soirée vous et moi ! Alors, comme je ne veux point étaler ma science (merci internet), je vous renvoie faire une recherche pour connaître l’origine de cette tradition de farces, on n’est pas là pour parler de Charles IX non plus ! Par contre, comme j’aime les blagounettes et que je suis d’humeur taquine, je vous fais parvenir un échantillon d’infos farfelues, à vous de me dire lesquelles sont vraies/ fausses ??!

  1. Au Japon, un homme est mort écrasé par des revues porno
  2. Un homme accuse une girafe de lui avoir volé son lit
  3. Geneviève de Fontenay amène ses miss au McDo pour éviter les djihadistes
  4. Trop souriant dans le métro, il finit en garde-à-vue
  5. Une fan des Fréro Delavega demande à se faire rembourser son tatouage en apprenant leur séparation.

             Bien, maintenant que je vous ai divertis et que j’ai toute votre attention retenue jusqu’à la fin du chat-pitre pour enfin connaître les réponses, je vais pouvoir vous parler aujourd’hui de nos petits moments de solitude, nos petites VDM de voyage à nous quoi. Alors comme je sais que mon lectorat n’est pas de la prime jeunesse hélas, je me dois de préciser, que VDM ça veut dire Vie de Merde et non Valises du Morbier, Victimes de la Mode , ni Virus du Mouton, ce qui n’est sensiblement pas la même chose !

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               Disons-le, le net regorge de photos paradisiaques d’endroits plus mirifiques les uns que les autres qui vous donnent juste l’envie de vous déguiser en poulet, de gueuler  » au revoir, au revoir présideeeent » et de tout claquer, la porte, le job, la cheville, pour aller vous dorer la pilule des deux côtés de la couenne, sous de coquins cocotiers. Mais derrière cet appel du large, cette incitation au voyage, certaines heures s’avèrent bien moins goûtues que d’autres, jusqu’à parfois préférer n’avoir jamais été piqués par cette foutue mouche baroudeuse. Prenez le parc Tayrona en Colombie. Sur le papier, idylle de plage au cœur de la jungle, rêve d’explorateur, chimère d’un Indiana Jones 2.0 : de la nature, une mer azur, une nuit de luxure, de bonnes augures et tout plein de lexèmes en »-ure ». Pour nous, ce fut plutôt la déconfiture… Déjà, le temps était maussade, ce qui arrive, il n’est pas oligé d’être toujours de bonne humeur. Soit.  L’îlot où nous voulions passer la nuit était bondé, nous étions plus proches de Koh Lanta que de Robinson Crusoé. Soit. Nous avions été obligés de payer une tente de location à un tarif aussi salé que l’eau de mer caribéenne car tous les hamacs étaient pris d’assaut. Soit. Ca commence à faire beaucoup de « soit » mais nous gardons tIMGP7267oujours la patate, la pêche et autres fruits et légumes de circonstance. Sauf que ! A la nuit tombée, lorsqu’il se mit à pleuvoir des trombes d’eau, qu’on se rendit compte que notre tente louée laissait passer d’énormes gouttes de pluie comme une passoire de trop fins spaghettis et que notre matelas était trempé au bout d’un temps record d’un quart d’heure, nous ne riions plus vraiment.

            Bien entendu, la personne en charge n’étant plus sur les lieux, la seule option fut de nous réfugier avec d’autres naufragés sous le grand hall où l’on servait de la junk food et on passa ainsi la nuit, à enchaîner les parties de yams pendant des heures, en buvant un restant de bière chaude, une serviette sur les épaules pour éviter de prendre trop froid, la tête sur un sac-à-dos en attendant que le soleil se lève pour qu’on reprenne la route en sens inverse et qu’on rentre se pelotonner dans un guest house. Et je peux vous dire que quand on lutte contre le sommeil dans un hangar où une quarantaine de voyageurs se retrouvent sans toit, et qu’une partie décide de foutre du David Guetta à fond les tympans, on regrette vite notre chaumière. On se serait crus à la fin de soirée de réveillon de la tante Fernande, les confettis en moins. Et, lorsque enfin le soleil vint nous délivrer de ce calvaireIMGP7273 symphonique et oculaire, les deux heures de marche pour retrouver la civilisation se révélèrent des plus chaotiques, l’eau marécageuse de la dernière pluie nous remontant jusque parfois l’entrecuisse, et mon fieffé et courageux compagnon me laissant passer la première, alors que la veille, on avait vu des crocodiles dans ce recoin même ! Je vous le dis, le temps de la bravoure chevaleresque est bien révolu, on voulait l’égalité n’est-ce pas, maintenant c’est toi qui vas finir en sac !

            L’été dernier, parc national du Yoho, Canada, nous nous apprêtions à nous engager le lendemain dans une belle randonnée quand nous décidons de partir dans le bar du coin (préparation physique oblige). Mais, sur le chemin, mon cher et tendre ayant une envie … hum… pressante, nous nous arrêtons au Visitor Center afin de profiter des toilettes aménagées et gratuites pour tous, un droit fondamental qu’on ne trouve guère partout : dans certaines gares, faut sortir quelques écus de sa bourse pour pouvoir soulager ses besoins (c’est le cas de le dire). Bien, il est donc 20h, l’heureux homme sort de l’humble cabinet, le sourire aux lèvres, et, le voyant si joyeux, je me dis que moi aussi, je pourrai ressentir une telle félicité ! Je sors donc de notre Goudurix et claque la porte, savourant à l’avance ces moments de gloire sur le trône… Sauf que, la clé est sur le contact… et que notre campervan a un réflexe -stupide mais automobile !- de se bloquer. On se retrouve donc coincés sur un parking désert, à une heure où personne n’ose mettre une moufle dehors, alors qu’on est à quelques minutes de notre campement… Je vous passe mon rire béat, les sourcils froncés de mon compère, les minutes écoulées entre panique, embranchement des neurones, coups de

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Euh, on fait quoi maintenant ?

téléphone, arrangements avec un Canadien arrivé à point nommé au lieu-dit, l’appel à notre assurance, les deux mécaniciens qui se sont télescopés, le coup du cintre, le calme apparent de mon chouchou et l’heure ridicule où enfin, nous avons pu rentrer dans notre campement, pour profiter d’une courte nuit de sommeil avant la fameuse randonnée…

Que voulez-vous, c’est cela aussi les voyages ! On apprend, on désapprend, on réapprend ! Comme nous ferons maintenant à l’avenir attention à toujours garder une clé sur soi, même lorsque nous nous engageons dans des antres obscures, nous savons maintenant comment fonctionnent les bouteilles de gaz en Australie ! Car oui, malins asticots que nous étions, la première fois que nous avons voulu étrenner nos plaques de cuisson, nous avions un, oublié d’acheter des casseroles, deux, complètement omis de vérifier la contenance de la bouteille de gaz ! Alors, ni une ni deux, actione réactione car les pastas n’attendent pas, le lendemain, nous avions acheté dans un grand magasin de campeurs une nouvelle bouteille toute pimpante et nous étions débarrassés bien sûr de l’ancienne auprès de… la première poubelle venue. Oui, nous avons encore honte de ce geste, mais nous étions de si jeunes pousses écologiquement parlant ! Mais, au moment du souper… Quelque chose cloche, rien ne sort, mon compagnon s’impose naturellement en gourou aguerri du gaz, examine la bouteille d’un air dubitatif

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Ils plaisantent ces deux-là ?

 et circonspect, la soupèse un peu, fait la moue, tourne et retourne les boutons, pousse des jurons de mammouth, tend l’oreille, se rapproche de la sortie de gaz, tente de comprendre ce que cherche à lui susurrer la bouteille et me regarde d’un air dépité de sa tête d’opossum. Eh bien, en demandant finalement à un Aussie, qui se fendit d’un large sourire devant nos deux bibines de campeurs du dimanche, nous découvrîmes avec ébahissement et incrédulité, qu’ici, on n’achète pas de bouteille pleine, mais vide… et qu’il faut donc les remplir au fur et à mesure dans les stations adéquates !!! Alors, bien sûr quand chez nous, on utilise des plaques vitrocéramiques, on s’en care un peu de nos déboires en plein bush australien, mais si notre grand moment de ridicule a pu extirper de la solitude, de futurs voyageurs, notre couillonnade n’aura pas été vaine !

 

             Et voilà, je m’étais jurée de raccourcir mon texte aujourd’hui, et je me retrouve à nouveau au-delà des mille mots, et je n’ai plus assez de lignes pour vous fournir les réponses à ce truculent vrai-faux du début ! Mais surtout, je vous sens complètement déçus, floutés, eus, hameçonnés… vous qui aviez cliqué sur le chat-pitre pour connaître le baromètre du désir en voyage… Il faut bien appâter le chaland de nos jours… C’est mon poisson d’avril à moi… Sans rancune les miaous, promis, la semaine pro, je vous dirai si trop sourire dans le métro peut vous coûter cher… Dans le doute, baissez la tête.

ljlvaiyv

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