Le chat-pitre 25, parce qu’on n’est pas des cloches non plus

              Dimanche 16 Avril, certains chanceux d’entre vous doivent être en train de fourrager dans le potager pour cacher des œufs bigarrés et pour faire croire aux petits « nenfants » que de beaux lapins les y ont déposés pendant la nuit en espérant que de coquins rongeurs n’aient pas trouvé la cachette avant l’ouverture de cette chasse traditionnelle… Attention, parce qu’il y a les bons, et les mauvais chasseurs. D’autres d’entres vous lecteurs venant majoritairement du même coin que moi, doivent décuver d’une soirée trop arrosée à la foire au jambon… Remarquez, ça reste dans le thème, puisque l’on finit en général, plein comme un œuf… Si si, c’est une expression qui se dit, certainement plus en l’an 2017 de notre ère, mais qui s’est propagée jadis, telle la flèche du Parthe décochée à quelqu’un ! Après cette semaine d’absence chapitrale qui a dû vous déstabiliser autant que la fois où vous avez voulu faire une choucroute, j’aurais bien envie de discutailler avec vous de Pâques (2 PAC in english), de la résurrection de Jésus II le retour ou du trépidant dilemme dans la décoration d’ovocytes, mais je m’en vais vous conter plutôt ces moments de tension baroudeuse… Parce que le père Noyel qui se trémousse dans la cheminée, la souris qui vous apporte des euros sous l’oreiller et les lapinous qui sèment en pagaille du chocolat, ça suffit, on n’est pas des cloches! Enfin.

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             Voyager n’est pas toujours un chemin pavé de licornes et autres pottoks merveilleux, parfois même, vous vous retrouvez face à de sacrés dragons à trois pattes, une pour vous arrêter, une deuxième pour vous maintenir à sa merci, une troisième pour se la faire graisser gracieusement… C’est ainsi qu’à Bali, haut-lieu du tourisme, nous roulions, à quatre sur trois scooters, ce qui est loin de la norme indonésienne qui généralement s’installe aussi à 4, mais sur la même motobylette, le vent en poupe, les poux au vent, lorsque nous nous faisons arrêter les trois par un bonhomme en uniforsdn251me, qui de visu, ne semblait pas enclin à la boutade. En clair, il ne connaissait visiblement pas le maréchal des logis-chef Cruchot, ni St-Tropez. Le premier de notre bande, véritable anguille des routes, avait réussi à se faufiler tandis que nous, andouilles de voyageurs redécouvrant les joies du scooter abandonnées depuis l’été 2005, le bac et Papy Sanchez, étions littéralement dans le pétrin, pour ne pas employer un terme qui pourrait heurter les tympans chastes de cette fin de semaine sainte.

            Notre lieutenant De Funès,  en véritable pourfendeur du code de la route, estima donc que nos roues avaient mordu la ligne du feu tricolore, et en cette qualité vertueuse, nous demanda à voir nos permis internationaux. Le baroudeur débutant n’est pas méfiant, c’est là son moindre défaut. Nous lui tendîmes donc nos papiers, qui étaient en règles, mais qu’il décida de garder en otage pour « no good conduct »… sur une île où personne ne respecte le code de la route (à se demander s’ils sont au courant qu’il en existe un hypothétique) et où prendre le guidon ou le volant relève presque du kamikaze, c’est  le pompon! Imperturbable, édictant les articles de lois pondus de sa poche, il nous réquisitionne pas moins de 100000 rupiahs par tête pour récupérer nos permis et pour pouvoir circuler à nouveau. Je vous fais grâce, c’est dimanche, du rouge monté à nos joues, des pourparlers engagés par la suite, des jolis mots d’oiseaux assénés à notre « zélé » policier,  du magistral jeter de billets, de nos ruminations de vaches grommelantes et du doigt – d’honneur, s’il-vous-plaît !- lancé par notre ami en faisant vrombir son moteur de scooter débridé. Nous avions réussi tout de même à descendre le prix de notre forfait à 25000 par tête, ce qui revenait à peu près à 2 euros à l’époque… Oui, toutes ces simagrées pour 2 misérables euros… Mais, mes chers biquets, avec une telle somme, on s’offre un repas pour deux, avec une bière ! Et puis notre budget journalier était serré comme deux mammouths dans un ascenseur pour 8 places. Moralité, si l’infâme Cruchot vous arrête, montrez juste vos papiers, ou… grillez le feu, vous serez au moins, réellement en tort.

            Des altercations du même acabit, on en a vécu d’autres, au Sri Lanka, notamment, OLYMPUS DIGITAL CAMERAfaut croire que nous sommes frondeurs ! Parfois même, nous bravons les lois des pays où nous voyageons sans vergogne, à l’insu de notre plein gré, comme dirait un ancien célèbre dopé… sur des vélos justement ! Un jour d’oisiveté, en Nouvelle-Zélande, nous décidons d’emprunter les bikes de l’hôtel où nous faisions du ménache dans le cadre d’un nouveau woofing (cf Le chat-pitre-19, ou, l’immersion dans un microcosme hôtelier) pour descendre exposer nos cuisses de grenouille sur la plage en contrebas. Goûtant à cette euphorie de l’instant, de fuir quelques heures, cet affreux hôtel où malheureusement l’ambiance n’est pas à Zouk Machine, nous pédalons comme des forcenés à qui l’on a enlevé la troisième roue lorsqu’un agent nous interpelle, sérieux comme un I de kiwi. Mon fidèle destrier stoppe sa monture sur-le-champ, et s’autorise un brin d’humour en lui demandant si cela est dû à notre vitesse excessive ! Oui, mon compagnon a toujours brillé par sons sens de la formule et de l’à-propos. Bien entendu, n’étant pas, ni l’un ni l’autre Virenque, le problème était tout autre : nous ne portons pas de casque ! Apparemment obligatoire ici-bas ! Cette fois-ci, une fois n’est pas coutume, la carte touriste nous sortira de l’embarras, nous évitant les 110 dollars d’amende (ça en fait des paquets de noodles!)… mais nous rentrons penauds dans nos pénates, à côté de nos vaillantes bicyclettes qui nous suivent tristement, la balade est terminée, elles finiront à nouveau au placard…. Une sentence que nous avons évitée moult fois dans nos différents vans lorsque en pleine nuit, lampe-torche dans la face, nous nous faisons réveiller et pourchasser par des agents qui veillent à la quiétude des parkings.

               Une fois même, toujours en Nouvelle-Zélande, nous avons attiré les foudres non pas du gouvernement, de la police ou de je ne sais quelle institution secrète de la L.A.C (lutte anti-campervans), mais d’un pépé qui ne voyait pas forcément d’un bon œil notre venue sur le parking de la plage de Greymouth… Le papi s’approche en effet d’Overdrix et de mon camarade pour s’enquérir des toilettes les plus proches. Mon compère, le cœur sur la main, toujours prêt à donner de son temps à toute âme charitable dans le besoin, lui indique qu’ils sont à quelques minutes en voiture, et avec un clin d’œil,  lui propose d’utiliser, pour soulager ses problèmes de vessie, ceux offerts par la généreuse Dame Nature… Oui, je sors avec un samaritain comique, une sorte de Jésus génétiquement modifié en Franck Dubosc. Oh My God des OGM quoi. Mince, rappelez-moi de ne plus sauter de dimanche, c’est le festival de l’humour de Marrakech aujourd’hui. Mais nous oublions notre grand-père, qui brandit sa canne en fixant sournoisement sa proie eOLYMPUS DIGITAL CAMERAn lui demandant ce qu’elle fait lorsque celle-ci a une envie plus… solidifiée. L’étau se referme sur mon comparse, qui rétorque que dans ces cas-là, la voiture est indispensable et que… Mais l’aïeul n’entend plus rien, il s’égosille, il gesticule, il en perdrait presque son dentier et toute sa dignité, il s’insurge contre ces « putains de campeurs qui chient partout, qui font des feux, qui chient partout »… Son vocabulaire rectal nous impressionnerait presque. Ayant épuisé son artillerie, il nous plante là afin d’aller répéter le même laïus à des campervans parqués plus loin avant qu’on ait le temps de répliquer quoi que ce soit.

              Non, voyager à l’autre bout du monde, n’est pas toujours de tout repos, cela étant dit, rester chez soi non plus, ça n’empêche jamais d’avoir des voisins qui ne supportent pas le fait que l’on respire le même air que leur jardin et qui vous le font bien sentir. Alors, dans ces moments de trouble exacerbés par l’approche des présidentielles et la pluie de coups bas, rappelons-nous la parole d’Eve Angeli, et pardonnons à tous ces pauvres gens, ils ne savent pas ce qu’ils font, qu’ils nous font chier.

Ps : pour savoir ce que veut fichtre dire décocher la flèche du Parthe, rendez-vous dimanche prochain, après le petit tour dans les urnes, on aura sûrement besoin de se marrer !

Ps 2 (on dirait une pub pour une playstation) : pour les curieux du mini-jeu du dernier chat-pitre, les trois premières sont vraies, mais pas les deux dernières, oui oui, la bêtise n’a pas de limites, Einstein avait raison ! A dimanche les miaous !

sdneinstein

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