Le chat-pitre 27, ou le nerf de la guerre, l’argent (enfin, il paraît)

            Bonsoir, bonsoir, comme je vous avais prévenus, les chats-pitres dans les semaines à venir vont apparaître quelque peu à l’impromptu, à la sauvette, à l’arrache, à l’improviste,  à l’armoricaine quoi… Nous avons en effet commencé notre descente vers le Maroc qui devrait nous occuper jusque cette belle période estivale que l’on attend chaque année avec toujours plus de ferveur hyperactive. Mais pour l’heure, nous sommes dans l’Algarve, au Portugal, et, une fois n’est pas coutume, le ciel est tout gris cracra boudin, et je me dévoue alors pour écrire ces modestes lignes car Dieu seul (enfin, Allah) sait quand nous pourrons à nouveau nous trouver enfermés dans une chambre pour pianoter sur le computer de l’autre côté de Gibraltar. Et comme nous sommes -encore !- sur les routes, je vais vous dire comment tout bêtement on peut faire des économies avant un road-trip quand on travaille pas chez Rothschild.

         Alors, bien sûr, il y a une myriade de conseils à suivre quand on a envie d’aller batifoler comme des piments d’Espelette à l’autre bout de la planète, certains venant du bon sens et d’autres, de derrière des fagots qui surgissent au fur et à mesure des expériences.

              Car oui, quand on espère s’évader vers d’autres horizons reculés, on se doit de résister à l’appel de la cigale qui aimerait bien chantonner et parader la coquine… Halte-là, l’astuce n’est pas de s’enfermer dans un monastère et ne plus en sortir qu’une fois le budget atteint, mais bon, il y a quelques commandements  à suivre, et à prendre avec légèreté…

            Sortir et te divertir dans la perversité totale, tu t’abstiendras : On oublie le cinéma si c’est pour voir une daube de film et se dire « bon c’est pas grave, ça nous a fait une sortie », on choisit méticuleusement son movie et les autres, on se les fait depuis son canapé (si c’est naze, au moins, on peut roupiller sans remords); on va pas tous les soirs au resto, hein, les moules-frites qui nous allèchent les babines quand on se promène sur la digue, on sait se les faire à la maison (si ce n’est mieux); on s’épargne la visite au musée, ya les photos sur wikipedia de toute façon, on évite les concerts où on paye une blinde pour être piétinés dans une fosse où on est collés à pleins de drogués en sueur (en plus, dans notre région, y a que Kenji Girac et les Fréro qui passent sur scène); on lit plus de livres car c’est chiant d’aller à la bibliothèque et puis pour l’alcool, on ramène du Champomy ou de la piquette chez les copains et on boit de la Kro avec du citron pour faire croire que c’est presque du bon houblon et qu’on prend plaisir à se le farcir cul sec. En gros, on n’invite plus personne chez nous, et on n’est plus reçus nulle part… Ah non, ça c’est depuis qu’on est devenus végétariens, pas depuis qu’on voyage 🙂 !

         Succomber à la tentation du matérialisme, tu ne feras pas : Adieu Iphone 18, Mac (le légendaire PC, et Donald, tant qu’à faire, débarrassons-nous de ce bon vieux Ronald), téléviseur de 3m² avec écran placenta, dernier Thermomix qui nous concocte une blanquette de veau pendant qu’on se farcit la saga Games of Thrones… Non, le seul truc qu’on peut encore se procurer commençant par thermo restera l’éternel et bon vieux thermomètre qu’il faut se fourrer sous les aisselles ou dans une partie obscurantiste pour savoir si on a de la fièvre, et pas celle du samedi soir. La télé à la poubelle et on s’accommode d’un téléphone archaïque d’un temps ancien qui en fait marrer plus d’un, mais qui passe des appels, et envoie même des textos. Ca en jette, n’est-ce pas ? Bref, vous l’aurez compris, si vous vouliez manger de la blanquette de veau chez nous, c’est raté, par contre, vous serez tout de même assis sur une banquette, tout n’est pas perdu, on sait recevoir !

          Squatter chez tes parents, ou ta belle-famille alors que tu as la majorité américaine tu oseras : Enfin, quand on a un chez-nous ! Car là aussi, choisir de vivre entre plusieurs continents et entre deux voyages nécessite quelques… ajustements… On oublie alors Cofidis, le soleil de notre vie, la belle maison, on adopte les petites surfaces et surtout meublées ! Même le style années 20 avec vaisselles suspendues et rideaux hideux fait parfaitement l’affaire ! On se tourne sinon vers la colocation, adieu l’intimité et les mots fléchés sur le trône, mais bonjour la solidarité et les explosions de rire. Sinon, quand on est chanceux (et patients ! 🙂 ), on retourne quelques temps chez la famille ou la belle-famille, le temps de récolter quelques pécules de plus, une générosité qui a contribué à l’aboutissement de plusieurs voyages au long cours… Et comme Tanguy et Tanguette n’oublient jamais, c’est à ces derniers que reviennent les lots de grigris et de ramasse-poussière à nos retours de pérégrinations ! Bref, partager son toit, un choix de raison quand on se met en mode fourmis !

                 Glander en regardant les Anges 9, tu t’abstiendras : Bien sûr, l’argent ne tombe pas du ciel par magie, je ne suis pas Harry Potter, j’arrive même pas  créer la dose parfaite pour réussir des crêpes, il faut donc parfois retourner à la besogne et ce n’est pas parce que je suis une teacher que je gagne des lingots d’or ! Le FLETISTE (le professeur de FLE dans mon jargon) est souvent considéré comme un sous-professeur puisque non certifié (la bonne blague du jour), et la paye s’en suit dans de nombreuses offres d’emploi !  Si si, 300 euros en Hongrie pour faire rayonner la belle langue de Molière… Master 2 requis et 30 ans d’expérience bien sûr ! Je m’égare ma parole ! Ah diable de coquelicot, j’en ai écumé des brasseries, des cafétérias, des hôtels, des auberges ! Je me souviens avoir fait plus de 100 heures sup’ et en Juillet et en Août un certain été et avoir travaillé dans une cafet’ jusqu’à la veille du départ ! Quand le projet est en place, on ne rechigne plus devant la tâche !

                  Réviser ta consommation, tu t’imposeras : En fait, au-delà de toute cette farandole de bêtises, c’est toute une mécanique quasi philosophique qui se met en place : au lieu de vouloir acheter à tout va, on réfléchit à d’autres alternatives, en privilégiant par exemple les affaires de seconde-main, l’emprunt de livres, les sites de reventes ou d’échange, on achète le nécessaire et on se débarrasse du superflu, on compose nous-mêmes nos repas et on privilégie une consommation responsable, on réutilise au maximum nos équipements et on va jusqu’au bout de ce que l’on possède déjà, comme ma bonne vieille cacahuète que j’userai jusqu’à la corde, même si la carrosserie tombe en ruines et que mon poste ne lit plus les CD. Au moins, je peux faire la belle l’été, la fermeture est centralisée.

            Prendre le temps d’apprécier ce qui ne se paie pas, tu choisiras : Je découvre les joies des chaînes Youtube qui me permettent de me contorsionner dans mon jardin sous les directives de mes yogis préférées et celles qui m’aident à gratter sur mon Ukulele sans avoir à subir le massacre que j’ose commettre sur mes musiques préférées.. D’avance, je m’excuse auprès de mes voisins et de Radiohead, le barré pose toujours autant de difficultés. En fait, on profite de ces moments qui n’impliquent pas forcément de consommer, ces moments de partage entre amis, on profite de ce qui ne vaut pas de l’argent, contrairement à ce que déclare ce con de dicton : le temps. Le temps que l’on a ensemble, le temps que l’on partage, le temps que l’on savoure et qui ne s’achète pas.

              Pas de progénitures, tu engendreras : Ca, c’était juste pour embêter mes lectrices les plus assidues et ma mère qui désespère de tenir un jour dans ses bras un nourrisson, le fruit de notre fusion intergalactique. Je sais, ça n’est pas politiquement correct de dire ça, mais au vu du débat présidentiel, il n’y avait rien de politique, ni de correct. Et puis, avouez que les couches Pampers Baby Dry Plus Plus, c’est un sacré budget !

          Depuis que j’ai commencé ce chat-pitre, trois jours ont passé, nous sommes maintenant à Algeciras, près à embarquer pour le ferry qui nous transporte enfin vers le Maroc, les résultats « démocratiques » approchent et avec, j’espère, une bonne claque à la poissonnière de service qui nous a fait le culot de passer au second tour ! Je vous laisse avec ces commandements du divin, et lorsque nous aurons du temps, je vous dirai comment réaliser des économies, une fois qu’on a tout plaqué et qu’on se retrouve comme des cons, à l’autre bout de la terre. Bon dimanche les miaous, que la force soit avec nous !

C’était le Message de la Souricettedunet  à prendre avec beaucoup d’humour et de second degré. Le sérieux est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

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