Le chat-pitre 31, #premier dimanche du mois# voir Jersey, et mourir

Aujourd’hui 2 juillet, date-clé de notre grande histoire de l’évolution : notre pauvre Jean-Jacques Rousseau quitte notre monde, nous laissant dans une obscurité totale. L’homme serait-il bon et heureux de naissance, mais corrompu par la société, et donc, malheureux comme les pierres ? Un gros siècle et demi plus tard, comme pour répondre à cette question fichtrement philosophique, ce con de Hemingway se fout en l’air, on joue aux physiciens nucléaires dans le pacifique, un millier de pèlerins meurent piétinés à la Mecque en Arabie Saoudite et Albert II de Monaco se marie… Heureusement que la France est devenue championne d’Europe en 2000 face à l’Italie pour redorer le blason de la Saint Martinien ! Maintenant que l’éphéméride vous est donné, (le soleil, fort timide aujourd’hui, se couchera à 21h55, heure où j’espère avoir terminé cet illustre chat-pitre), nous pouvons enfin passer aux choses sérieuses.  Nous sommes en effet le premier dimanche du mois, et je me décide à sortir un nouveau rendez-vous qui s’intitulera « Voir un pays, et mourir », en souvenir d’une formidable classe (non non, pas de démagogie) de C1 de Donetsk, en Ukraine où les filles avaient confié face caméra, pourquoi, à part pour faire grimper leur côte de séduction, elles voulaient absolument apprendre le français. Aujourd’hui, pour ce premier d’une longue série des 4 dimanches, nous plongerons, telles des grenouilles, dans le monde ultra confiné de l’île de Jersey. Ayant mangé ce midi dans un camping près de St-Malo, d’où l’on peut voir au loin apparemment ce caillou par temps dégagé, autrement dit, jamais, je ne pouvais passer à côté de cette injonction mystique de commencer par cet îlot perdu au large de nos côtes bretonnes.
En y repensant, s’évader chez les Anglo-Normands était une idée franchement saugrenue car non seulement je ne connaissais pas l’existence de ce gros rocher avant de tomber sur l’offre d’emploi, mais encore, je ne le faisais pas dans le dessein de planquer mon flouze, mes biftons, mon fric ni mes fricadelles dans un joli petit coffre de banque : paraît-il que c’était un ancien paradis fiscal ! Je comprenais mieux pourquoi mon banquier me faisait des allusions grivoises lorsque je l’informai de mon intention d’habiter Jersey… Et pourquoi encore, à chaque fois que l’on me demandait ce que je fabriquais sur cette foutue île, les bras leur en tombaient à mes inquisiteurs que je préfère aux investissements et à la gestion des finances la compagnie des adolescents pubertaires et des enfants hyperactifs paisibles. A vrai dire, j’aurais pu parler de vocation et même de mission de vie, mais il leur restait déjà plus de bras. 

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La première excursion touristique me semble donc être tout naturellement, la visite de HSBC ou du moins, de l’accueil d’une banque pour sortir quelques livres jersiaises car l’île possède sa propre monnaie et que, pour bouffer une vraie glace avec du lait de vache de Jersey, c’est plus pratique. Oui, Jersey est très fière de ses vaches, et donc de tous ses produits laitiers. Vous ne pouvez tout simplement pas quitter ce paradis sans avoir, au choix, admiré ces fieffées ruminantes qui aiment à vous faire les yeux doux, cuisiné un plat à la crème maxi épaisse qui vous met K.O pendant 24h ou fait un selfie sur le dos des statues de vaches qui se trouvent, bien entendu, sur la place des vaches. La vache, ça fait vachement de fois le mot vache dans ce paragraphe, mon vocabulaire n’est pas des plus étendus aujourd’hui.

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Bon, comme on n’a pas embarqué sur cette périlleuse traversée d’1h20 pour discuter mamelles, il nous faut enfin « expéditionner » l’île de fond en comble, et pour les plus courageux, la montée à bord d’un bus, direction le Nord, s’impose. Après un long trajet sur de sinueuses routes de campagne où l’on se demande parfois comment un autocar ose s’y engouffrer, nous voilà enfin arrivés de l’autre côté ! En vingt minutes montre en main ! Armés d’un plan, vous pouvez alors vous adonner aux chasses aux trésors organisées un peu partout dans toutes les paroisses en suivant des itinéraires de la green line proposés par le Jersey Heritage où vous pourrez admirer de près, entre autres merveilles, la pierre du millénaire ou la plus vieille boîte aux lettres du territoire ! Grâce à des explications au millimètre près qui vous indiquent même quand vous retourner pour admirer le panorama que vous venez de quitter, vous ne pourrez passer à côté des joyaux, non pas de la couronne, mais de l’île, et c’est déjà ça, comme dirait Souchon, un autre de mes petits plaisirs secrets, avec la trilogie Bridget Jones et les Mentos à la fraise. D’ailleurs, j’en profite pour pousser un coup de gueule à tous ceux qui bossent pour Mentos et qui mettent à chaque fois dans les tubes plus de jaunes et d’orange que de rose ! Yen a marre à la fin !

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Quand on a fini de gambader comme des fadas autour de Jersey, il est l’heure bien sûr de se restaurer ! Alors, là, je ne vais pas faire dans le sensationnel ni vous révéler un scoop, mais, on sait bien que nos amis britanniques ne sont pas réputés pour la gastronomie, car déjà, quand on est fiers d’un plat national composé de frites et de poisson frit, on a tout dit. Mais, cordonbleu ! A Jersey, vous serez surpris de la variété des mets que l’on peut y savourer, et entre les fruits de mer délicats, les jacket potatoes bien dodues, les épices des nombreux restaurants asiatiques ou indiens et le gras de la part de pizza qui croule sous le fromage (et qui passe encore mieux à la fermeture des bars quand on ne reconnaît pas un hot dog d’un kebab), vous n’aurez que l’embarras du choix ! Ajoutez à ça le fumet d’un breakfast que je prenais au début végétarien, avec supplément de bacon (une hérésie que j’ai dû bien sûr modifier en réalisant que le bacon ne naissait apparemment pas dans les choux non plus) et vous n’avez qu’une envie, faire la tournée des restos insulaires. 

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Évidemment, quand on a mangé, qu’on a marché et qu’on a visité, il ne reste plus qu’à s’installer au pub et boire du houblon. Dur d’y échapper et les endroits pour siffler une bonne pinte fraîche ne manquent pas à l’appel ! Mais si je devais vous donner THE conseil of the séjour, ce serait de choisir l’endroit le plus kitsch de Saint-Hélier et de vous y engouffrer sans sourciller ! Tapisseries antidatées, fauteuils surannés, écrans télé submergés par les fessiers boueux des joueurs de rugby et les mimiques exagérées des footballeurs, jurons des fervents adeptes de la discipline, tous les ingrédients sont réunis pour que vous passiez une agréable après-midi qui se poursuit en soirée et qui se termine en nuit endiablée. Certains bars proposent des pub quizz où l’on se fait tellement remarquer quand on est frenchy que tout le comptoir vous aide à trouver des réponses sur la dynastie des Stuart et les personnages de Eastenders. A la longue, on vous créera même un round sur la thématique du français, pour vous laisser une chance de remporter le gros lot, à savoir, une tournée de verres pour les winners. L’amitié franco-britannique n’est jamais plus soudée qu’en ces moments-là, c’est bien vrai ! Et puis, si les questions à la Julien Lepers ne vous bottent pas plus qu’un bouillon de légumes sans légumes, vous trouverez au hasard de vos pas, des endroits fascinants où l’on peut s’égosiller dans un micro devant un pub rempli, sans que personne n’y voie d’inconvénient majeur… Certains même frétilleront du pied quand vous massacrerez entonnerez le refrain de Pointed Sisters.

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Bref, pour mettre fin à ce fatras de bêtises, tout cet article pour vous pousser à embarquer dans un ferry dès que possible pour découvrir ce joyau perdu au milieu de la Manche : châteaux de Gorey, musées de la Hougue Bie, tunnels de la guerre, grottes, caves, activités de plein air, cinéma, théâtre, shopping (pas de Primark attention, mais faites-vous plaisir à farfouiller dans les charity shops), marché de producteurs locaux, groupes de musique Live, baies limpides et côtes sauvages, randonnées pédestres, campagnes pittoresques, terrasses ensoleillées, surf et festivals l’été… La liste des plaisirs serait longue et je ne suis toujours pas tour-opérateur, le site du Condor Ferry sera bien plus prolifique que moi-même en la matière…  Attention par contre, vous pourriez tomber dans le piège de cet insolite caillou : n’y aller que pour une semaine de vacances, et huit ans après… n’en être jamais parti, appeler les habitants de Guernesey les ploucs… et vous faire tatouer en grosses lettres rouges sur le biceps droit : Jersey mon amour. 

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Sur cette image que je n’oserais qualifier de poétique, je clôture le nouveau rendez-vous d’un dimanche sur quatre et vous retrouve la semaine prochaine pour un sujet haut en couleurs, je peux vous l’assurer dès aujourd’hui… car je ne le connais pas encore ! Si, ça, ça ne vous fait pas revenir sur ma toile, je ne sais plus quel stratagème fumeux tenter ! A dimanche les miaous !

PS : Alors, quand est-ce que vous partirez vous aussi tout recommencer à Jersey ?

https://lasouricettedunet.files.wordpress.com/2017/07/granville-jersey-clip-officiel.mp3

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