Le chat-pitre 33, ou, ben à côté de certains plats, nos escargots ont l’air bons…

Comme promis, nous sommes dimanche à nouveau (déjà !!!) et me voilà attablée à ma table (logique, me direz-vous ; outrageusement pléonasmique, ajouteront les linguistes) pour vous parler de NOURRITURE ! Enfin, s’écrient alors les plus assidus d’entre vous, qui osent même s’abonner à ce blog, et qui attendaient avec une folle impatience ce passionnant moment où l’on discourt sur la bouffe, grande préoccupation de notre époque moderne, après la couleur du papier peint et l’invasion imminente des minions sur nos mugs de thé. Oui, après ce dernier chat-pitre insidieux écrit dans l’unique but de vous faire adopter le régime totalitarien du tofu aux petits pois-gingembre, je vais suivre pour une fois mes promesses de fin de publication et vous confier quelques anecdotes croustillantes (pour rester dans la thématique) sur les perles du Japon culinaires rencontrées aux quatre coins du globe. Car, qu’on se le dise, ce n’est pas parce qu’on est devenus végétariens qu’on prend moins de goût pour tout ce qui touche à la cuisine, bien au contraire, à peine sortie du petit-déjeuner, voilà que je me demande ce que je vais bien pouvoir me concocter de bon pour le midi.  Mais nous ne sommes pas là pour deviser sur mon appétit qui déborde plus que mon inspiration.

La semaine dernière, je vous ai laissés pantois et rêveurs, concluant sur les bienfaits gastriques de ne manger que des légumes à l’étranger pour éviter de passer des journées sur un trône qui n’a parfois vraiment rien de glorieux, un sujet des plus délicats, que je saurai vous faire partager un jour de pluie. Oui, on ne parle jamais assez de toilettes ni de C-A-C-A-M-O-U en voyage, et pourtant, une tourista carabinée peut vous gâcher le plus beau lagon des Antilles, ou un voyage de nuit dans un bus bondé pour Bombay.

Tout d’abord, quand on observe à travers plusieurs pays, le maintien de la chaîne de froid, faut avoir les viscères bien accrochées pour oser commander dans un boui-boui, comme dans un resto plus fréquenté par la gente touristique, du poulet, du bœuf ou du lapin. Au Maroc, dans les entrailles d’un souk suffocant, la viande déchiquetée à la demande, pendait à même d’énormes crochets, grouillant de mouches affriolées par cette chair (plus ou moins fraîche selon l’heure de la journée). Au Mexique, une camionnette s’égosillant à travers un mégaphone passait chaque mardi ou vendredi dans notre village, avec du poisson à son bord, maintenue à une certaine température dans deux ou trois glacières. Au moins, il y en avait une : dans certains villages reculés de Colombie, les côtelettes arrivaient directement chez vous, dans le coffre d’un scooter, cuites ou non, selon la distance, et le temps écoulé collées à la chaleur du moteur. Quant aux poissons et aux crustacés du Sri Lanka, certains malchanceux pouvaient rester un petit moment sur leurs étals, sans que personne ne les embarque, leurs yeux devenant à mesure que le soleil leur tapait sur les écailles, de plus en plus vitreux.

Et ça, c’est quand vous pouvez identifier à coup sûr l’identité de votre produit servi… Quand le poisson au Mexique a la même consistance que du poulet ou que les morceaux de viande de l’adobo aux Philippines paraissent bien trop maigrelets pour être ceux même d’un coquelet et que sur votre Lonely Planet, aucun mot ne signifie un nom d’animal traditionnellement mangeable en Occident sur une pancarte balinaise, y’a plus qu’à engloutir ses bouchées, prier le Dieu de la GastroNOMIE et pas de la gasrtoENTERITE de veiller sur nous et espérer que ces petits bouts qui flottent sont une sorte de tofu local que les locaux conservent dans des bocaux… Quoi, on dit des bocals ?

Outre cette question de conservation des mets, aussi essentielle que de l’huile de romarin quand on a le nez enrhubé , se frotter à d’autres pays, c’est obligatoirement se confronter à de nouvelles coutumes, croyances et traditions gustatives : scorpions dans les bouteilles d’alcool au Cambodge, insectes braisés ou grillés en Thaïlande, « cuys » (cochons d’Inde) en sauce au Pérou, kangourou au barbecue en Australie, desserts gluants et multicolores en Asie, noodles crues en Chine, Poulet à la bière et Pavlova en Nouvelle-Zélande, Salo en Ukraine, porridge au pays de Galles, œufs dans les Pisco Sour au Pérou ou au Chili, poutine au Canada… Certaines sont bien plus agréables que d’autres comme les Banana pancakes ou les Nasi Goreng de Bali, les enchiladas et les frijoles mexicaines, les dhals et les biryanis indiens… et il y en a beaucoup parmi les moins appétissantes que nous n’avons pas osé déguster ! Franchement, quelle idée de foutre des tonnes de frites dans un même plat, de les recouvrir d’un quintal de fromage et de les ensevelir sous une couche bien épaisse de sauce brunâtre et d’appeler ça un plat national ? 

Si parfois, nous avons pu décider si nous nous risquerions à goûter ou non à certaines assiettes, cela n’est pas toujours le cas en voyage, surtout lorsqu’on est chez des hôtes… C’est comme ça que je me suis retrouvée à avaler, en guise de médecine, un cocktail infect au réveil, préparé par les petits soins de la mère de mon amie indienne pour me faire passer un mal de gorge… Psychologique ou non, (effrayée d’avoir à faire parcourir à nouveau ce breuvage d’une ignominie sans nom le long de mon gosier fragilisé), le remède avait été bien plus efficace qu’une boîte de Lisopaïne, sans besoin de l’artillerie marketing derrière.

Je crois qu’à ce jour, c’est bien le truc le plus immonde qu’il m’ait été donné de « savourer ». Bien qu’il se dispute la pôle position avec une sorte de rafraîchissement proposé par notre hôte de woofing birmane : des cubes d’algues gélatineux soigneusement coupés dans de l’eau… pour nous redonner du corps au ventre ! Je peux vous assurer que ce n’est pas du tout l’effet que cela a fait au mien ! Heureusement, dans ces moments-là, je peux compter sur mon compagnon pour terminer discrètement mes restes quand je veux éviter de dégobiller toutes mes tripes me comporter en convive exemplaire. Encore plus efficace que feu mon chien sous la table quand je portais encore des couettes 🙂 ! Avec tout de même, beaucoup plus de fonctionnalités ! Ce qui ne nous a pas empêchés une fois non plus, de cacher sous nos serviettes de papier, comme dans un piteux remake de Mister Bean, des morceaux de pâte gluante dont l’originalité rivalisait avec sa fétidité dans un vieux gourbi d’une ruelle indienne… 

Bon, j’ai déjà bien trop écrit de lignes, c’est l’heure bizarrement de se mettre à table, et avec ces souvenirs plutôt cra-cra,  pas sûre d’avoir envie de me cuisiner des germes de soja… Et dire que je n’ai même pas pu évoquer certaines traditions culinaires qui clairement bousillent tout notre écosystème. Paraîtrait-il que les ailerons de requin, délicat mets, synonyme d’un certain luxe, permettraient de rajeunir, de réveiller la mémoire ou encore le désir sexuel. Alors, c’est sympa la tradition, les ancêtres, y tout y tout, mais un temps on croyait aussi que la Terre était plate, et sur les photos de Pesquet, ben elle est plutôt ronde notre planète !

Alors, vu qu’aujourd’hui, on n’a pas appris grand-chose dans ce chat-pitre, je vous livre mon conseil du jour : faites comme tout le monde, laissez le temps faire son œuvre, et, avec les rides, les cheveux blancs et la sénilité cérébrale qui va avec, vous oublierez ce qu’étaient les plaisirs charnels de jadis, et vous ne chercherez plus à retrouver la ferveur des émois d’un autre temps. C’est vrai quoi à la fin, arrêtez de cochonner nos océans, mettez-vous au scrabble… en bois recyclé de forêts durables… bien entendu ! Bonne soirée à vous les lecteurs, à la semaine prochaine, même lieu, sans doute pas même heure et… bon appétit Baby  Yeah ! 

PS : je crois que je développe une Katy Perrite, j’ai l’impression de la citer un chat-pitre sur deux… des remèdes de grand-mère à me proposer contre ce syndrome infernal? N’impliquant pas de pattes velues, de préférence… 🙂

Re PS : si vous voulez un aperçu de certains plats « dégustables » à l’étranger, p’tit clic ici bas… Nos escargots y sont fièrement représentés 🙂

https://www.chambre237.com/101-repas-etranges-et-degoutants-dans-le-monde/

2 réflexions sur “Le chat-pitre 33, ou, ben à côté de certains plats, nos escargots ont l’air bons…

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