Le chat-pitre 35, ou les attrape-poussières made in China ramenés de Bali

Bonsoir, je reprends le clavier aujourd’hui, à l’heure où une partie de la France est en deuil, toute de cuir vêtue et de bandana coiffée alors qu’une autre se recueille devant des pages de romans, drapée d’un habit vert. Oui Jean d’Ormesson a eu la sotte idée de mourir un jour avant Johnny Hallyday, se faisant sacrément voler la vedette au passage par notre Elvis made in France, toute façon, il s’en fout, lui aussi est immortel. Mais, bon, comme vous aussi vous vous tapez du Optic 2000 depuis 3 jours, je vais parler de toute autre chose, entre deux « Requiem »!

En cette période de Noël qui approche à grands coups de marketing pas, j’aimerais vous partager un des plus grands casse-têtes des voyageurs : le moment de ramener des souvenirs ! Parce qu’en plus d’avoir un backpack relativement petit pour éviter d’avoir 3 valises à roulette tous terrains que tu dois te trimbaler sur des escalators qui marchent pas (et qui sont donc des escaliers), sur les routes de campagne, de merde et de vacances, sur les chemins de terre et de table, ou les sentiers battus; en général, entre la paire de godasses fadasses et la brosse à dents qui a autant de poils qu’un chat atteint de pelade, il reste pas trop trop de centimètres carrés pour y glisser même un pendentif « I love rock N roll Thailand » ! Si si, ça existe, avec les magnets, les T-shirts, les sous-verres, les mugs et les colliers pour chien.

Je nous revois encore de retour de Bali… On rentrait d’Australie, où l’on n’avait absolument rien acheté (à part un micro kangourou en peluche qui orne toujours fièrement le derrière du pommeau de vitesse de mon cher compagnon). Non le pommeau de vitesse de mon compagnon n’est pas une métaphore. On s’était dit qu’on ne ramènerait rien, parce que de toute façon, l’Australie et nous, c’était pas fini, on reviendrait un jour boucler la boucle. 8 ans après, à part mes cheveux, et c’est discutable, rien n’est toujours bouclé ! Mais je m’égare rudement. Donc, nous n’avions point dépensé un seul dollar et nous pensions que quand même, ce serait cool de rapporter un petit cadeau pour nos proches… Quelle erreur de débutants ! Dans quel micmac nous étions-nous empêtrés ! Nous avions ainsi arpenté les étalages du célèbre marché d’Ubud à la recherche des perles rares, envoûtés par toutes ces couleurs, ces tableaux, ces bijoux, ces statuettes de bois… Franchement, c’était à en perdre la tête et à en sortir avec un chapeau en cône sur la bobine et un masque traditionnel sur le tarin, qui finiront inévitablement dans un carton dans la chambre de la maison de mon enfance. Car, non, se balader en ville avec ce chapeau-là, ne fera pas de vous le baroudeur le plus cool de la planète, vous serez étiqueté « TOURISTE BONSOIR! » au mieux, brûlé vif sur le bûcher, au pire des cas. Et la paille, ça crame vite. Et moi je fais la maligne, mais j’ai quand même osé le look Catherine-Zeta Indiana Jones en Australie, grand moment de l’histoire de la mode à la française.

Nous voilà-t-y donc dans les étalages à scruter les étals de colifichets et de t-shirts Bintang, à s’extasier devant des robes (enfin, moi, mon compagnon, lui, lève les yeux au ciel), à plaisanter avec les vendeurs (enfin, surtout le chéri, car apparemment mon humour ne passe pas les frontières), à réfléchir à qui on va offrir cette écharpe (non, c’est pour ma mère, mais non, c’est pour la mienne ! c’est ses couleurs! Tu plaisantes, elle met jamais de vert! D’où tu connais les goûts de ma mère ? D’où ta mère a du goût ?), à se demander si untel ne va pas se vexer parce qu’on a ramené une tirelire à l’un et juste un porte-clés à l’autre, à dégoter des tableaux authentiques uniques qui sont authentiquement similaires le stand suivant, à négocier les prix (enfin, moi, j’acquiesce à tout, j’ose un timide c’est trop cher, on me demande combien je suis prête à payer, je ris bêtement, j’en ai aucune idée, parce qu’en vrai, même si les prix sont gonflés au départ, c’est pas excessif du tout pour une paire de boucles d’oreille, mon cher et tendre roule encore des yeux, je suis en train de foirer la vente, je tente le bluff et je divise la somme par 4, je souris quand même… et repars bredouille…). Bref on bataille !

Finalement, nous avions tournicoté des heures pour faire plaisir à tout notre entourage, si bien que nous n’avions plus une place dans notre sac-à-dos rangé comme un mikado, et que le seul fait de piocher une culotte pouvait mettre en péril toute l’organisation méticuleuse de notre fatras décathlonisé . Des fleurs (en plastoc – bouh!), des grigris, des colliers, des T-shirts, des toiles, des sarongs (pratiques et pratiquement jamais portés), des chaussures scintillantes (trop petites), une véritable lafoirefouille balinaise qui avait pris pas moins de cinq avions pour rentrer (avec la crainte de se faire faucher notre fortune en cadeaux à chaque nouvelle escale). Heureusement qu’on n’avait pas fait ça en Australie ! Ca en aurait fait des « bins » d’oranges à accumuler pour payer la moitié de ces attrape-poussière ! Car oui, soyons honnêtes, passée la première vague d’émotion oh-trop-chouette-elle-a-pensé-à-moi, on se demande bien à quelle occasion on va pouvoir arborer ce sarong rose fluo qui devait être sympa sous les cocotiers, mais moins assorti dans les rues du pays basque ! Et la moitié finit donc tristement son voyage au fond d’un placard, ou sur un porte-manteau secondaire, planqué derrière la porte de la cave, et que l’on ne ressort que quand il y a une 50 aine d’invités à la maison.

C’est pour cela que nous avons cessé peu à peu, après plusieurs tribulations, de ramener tant de souvenirs physiques dans nos bagages, savourant davantage ceux qui restent sur nos pellicules et dans nos esprits (amen)… Non seulement parce qu’aussi, avec tous les enfants maintenant autour de nous, il nous faudrait un container ma parole, pour faire plaisir à tous… Mais encore parce qu’entre temps, nous sommes devenus vertueux de naissance et que par éthique, nous disons non aux étiquettes, à l’amas de consommation et la consommation de masse, au Black Friday et au Bloody Sunday !!! OUi, nous disons NON ! Bon ok, on n’était peut-être pas obligés de ramener des lampions du Maroc, ni des assiettes, ni des bols… Flagellation, ou l’incohérence incarnée. 

Bref, ce chat-pitre pour pas oublier qu’en fait, l’important c’est pas tant d’accumuler, mais d’expérimenter, parce que sans rire, on a pas fait tout ce chemin sur cette planète pour passer son temps à épousseter des totems en vrai bois de Vincennes, alors qu’il y a tant à faire, à voir et à savourer! Alors, n’hésitons pas à nous surprendre et à faire de chaque jour une putain de journée, découvrons, créons, lisons, engageons-nous s’il le faut, célébrons, chantons même (enfin, pas tous s’il-vous plaît) ! Car, un jour viendra, nous nous en irons sans en avoir tout dit… mais peut-être en ayant tout fait…

PS : ceci est un message sponsorisé par les magasins lafouillefoire, FIGI et BOUBA, le chanteur bien sûr, qui viendra déguisé en père noël interpréter le célèbre tube revisité Vive le te-ven au rayon guirlandes dimanche prochain dans tous les Babou participants.

 

 

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