Le chat-pitre 38, ou le prochain retour aux sources, à Bali

             Nous voilà dimanche, il fait un temps radieux, et je m’apprête enfin à livrer un nouveau chat-pitre après toutes ces semaines de disette littéraire. On ne peut guère dire en effet que je brille par ma régularité ces temps-ci, non pas que j’aie moins d’historiettes à raconter, mais, sans mauvais jeu de mot -ce n’est point mon genre, voyons !- j’ai bien d’autres chats à fouetter ! Qu’à cela ne tienne, je vous ai promis de la chat-pitrerie, et je vais m’y atteler, car, n’ayant plus de compte Facebook pour y faire dorer ma publicité et rayonner ma postériorité (incroyable métaphore filée du soleil), dans cette ère de l’instantané, je me dois de rentrer dans le vif du sujet avant que vous ne cliquiez sur un autre poste à liker ! Alors là, bien sûr, trois questions vous viennent certainement  à l’esprit, et pas forcément dans cet ordre, remarquez :

  • Quoi !? Elle n’a plus Facebook, mais keument qu’elle fait ? Moi sérieux, je serai au bout de ma vie de ouf !!
  • Hum, serait-ce là un acte de rébellion intense contre une société égocentrée qui exacerbe les côtés les plus vils de notre humanité ?
  • Bon, elle le pond son sujet ? Je suis pas venu(e) ici pour me farcir de la philo à trois euros sur Facebook, j’ai une glace à bouffer !

Comme on n’est pas là en effet pour polémiquer, ni pour Paul et Mickey, et  mon niveau d’humour étant exceptionnel – que voulez-vous, une prof de français, ça se refait pas, ça fait des blagues de phonétique !- plongeons enfin dans ce retour aux sources,  ben parce que moi aussi, j’ai une glace au génépi qui m’attend !

             Pour les quelques heureux lecteurs qui ont la chance, en plus de lire ces lignes, de nous connaître (euh !), vous savez en effet que nous nous apprêtons à repartir pour presque deux mois en Indonésie ! Pour les autres, ben je vais devoir revoir bien vite ma technique de la tenue en haleine et du suspense ! Après moult questionnements sur notre destination après la saison hivernale, et sur notre futur de manière générale, nous savons enfin ce que nous allons faire de nos peaux ! Parce que c’est bien beau la vie de bohème mais à un moment donné, faut savoir de quoi nos lendemains seront faits, je sais toujours pas lire l’avenir dans le marc de café moi . D’ailleurs, j’en bois jamais, c’est dégueu’.

                Donc, étaient venues à l’esprit 36 millions de pensées (peu ou prou), un chiffre astronomique choisi dans l’unique but de placer cette expression dans mon texte, d’un tour de France à pieds, à un voyage humanitaire, en passant par un express en Australie et l‘Europe en vélo (puis en van parce qu’en fait une fois, on avait émis l’idée de faire la Nouvelle-Zélande à vélo, qu’on avait emprunté des bicyclettes pour faire 20 kms, et qu’on avait changé d’avis en rentrant à la maison, les aisselles suintantes et les fesses déjà moulées en forme de selle)… Et finalement, scellant (sellant !) notre allègre destin d’une tape dans les mains, ce fut sur l’Indonésie que notre choix s’est porté…

                  Revenir dans un pays que l’on a déjà visité procure d’étranges sensations : nous cherchons généralement à explorer dès que possible des contrées inédites et revenons rarement là où nous sommes déjà passés, par curiosité et soif de découverte de contrées inédites (pour nous seulement car plein de baroudeurs sont passés par là avant nous) Mais cette fois, outre les rouages du temps, c’est à nos propres évolutions que nous nous confrontons.

                 La dernière fois que nous sommes allés à Bali, nous n’avions pas vraiment le sou, et nous devions le compter chaque jour, à chaque repas pris, et à chaque extra convoité. Nous nous embarquions dans des négociations sans fin pour baisser au maximum le prix d’une chambre, ou d’une robe bariolée dont je me débarrasserai une fois sur deux de retour en France, car même moi qui suis particulièrement adepte des froufrous, des breloques et des vêtements mal assortis, je me rends compte bien assez tôt que ça n’est pas mettable en société européenne, même pour une soirée pyjamas. Nous refusions de nous offrir le moindre écart, et acceptions même les chambres où des poils (ou des cheveux très courts, si l’on veut voir le verre à moitié plein) trônaient fièrement sur les taies d’oreiller. Nous déroutions les taxis en leur demandant de nous amener à des hôtels ou des maisons d’hôtes sans piscine surtout, et mangions des nouilles douteuses sur le bas-côté de la route, auprès de locaux éberlués. On revenait d’Australie, on se prenait une claque culturelle, on s’extasiait pour tout et pour rien, on roulait des mécaniques sur un scooter loué, on oubliait les arnaques, les discussions intéressées, bref, c’était en 2010, on était jeunes, on s’en foutait.

                  Huit ans plus tard, nous retournons peut-être à Bali avec le même backpack, mais pas du tout avec le même esprit. Déjà, il est clair que nous pourrons un peu plus souffler financièrement, que nous n’aurons pas à calculer les sesterces qu’il reste sur la journée si l’on se permet de boire un citron pressé (WTF !?) en plein après-midi et que nous n’aurons pas à choisir entre aller explorer les poissons avec un tuba ou s’offrir un mie goreng le soir. Nous pourrons même nous permettre d’être un poil (calembour bonjour) plus exigeants sur la qualité des coussins et veiller à ce qu’on ne dorme pas forcément avec des souvenirs intimes du client de la veille, et s’offrir jusqu’au luxe d’avoir des serviettes pliées en forme de cygne à notre arrivée, si si, c’est le net nec plus ultra ! Nous nous attablerons à des endroits où nous pourrons manger du riz frit sans poulet, ni boeuf, ni chat ou chien, bref nous pourrons voyager en bons bobos que nous sommes devenus en ces huit ans !!!! Ces pénibles qui ne boivent plus de coca, se mettent au yoga et à la méditation, ne consomment plus d’animaux, ne veulent plus picoler comme des trous normands ou gascons, font attention à leurs déchets, rêvent de terrariums et de pots en fleurs; ne fument plus, même des menthol à la violette, même pour le fun, d’ailleurs nous ne savons même plus ce qu’est le fun!!! Dans notre dico, ce n’est plus qu’un groupe et un ramassis de souvenirs heureux…

        Serions-nous au crépuscule d’une nouvelle époque ? Aurions-nous tout simplement… gasp… vieilli ? Je fais du crochet pour m’amuser, et je songe parfois à la couture… Hier, j’ai même acheté un bob. Rose. Pour Bali. Je suis F-O-U-T-U-E !!

      Trêve de plaisanteries : vous commencez sans doute à me connaître et à savoir que toutes ces bêtises ne sont qu’un prétexte pour avouer qu’on est super excités de repartir à l’autre bout de la terre… Car oui, on est impatients de retrouver ces îles, de prendre le temps de prendre le temps, de respecter toujours plus nos envies et ceux autour de nous, de nous laisser aller à la torpeur des rizières et au hasard des rencontres, d’apprécier la lenteur de l’instant qui s’étire du lever au coucher de soleil, de ne rien précipiter et de tout laisser au contraire, décanter. Il nous tarde de ressentir la moiteur indonésienne, d’enfourcher notre scooter pour en explorer de nouveaux recoins…

                      Mais surtout, d’explorer de nouveau, avec nos nouveaux yeux. 

 

PS : Pour suivre notre cheminement intérieur et en scooter,  hésitez pas à vous abonner si vous voulez savoir quand un nouveau chat-pitre voit le jour, je promets pas la régularité mais toujours la gaieté !!! (Oui, ça sonne un peu chanson des restos du cœur, ouille !)

 

 

 

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